Fédération pour des Alternatives au Bitume pétrolier

CENTRALES À BITUME : QUELS IMPACTS SANITAIRES

CENTRALES À BITUME : QUELS IMPACTS SANITAIRES
« L’actualité récente a fait émerger un questionnement populaire et citoyen concernant l’impact sanitaire des centrales d’enrobage ou à bitumes, dédiées à la construction et l’entretien du système routier »

Comment se contamine-t-on ?

• Contact direct : principalement chez les travailleurs manipulant le bitume, exposés aux émissions et aux résidus toxiques. Les fumées de bitume lors des travaux routiers sont classées comme cancérigènes possibles pour l’humain par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) depuis 2011.

• Inhalation des vapeurs et particules en suspension. Si les populations professionnelles et riveraines sont les plus exposées, l’aire de diffusion peut être bien plus vaste.

• Contamination de l’eau et des cultures : infiltration des composés toxiques dans les nappes phréatiques et dépôts sur les surfaces agricoles, entraînant une exposition indirecte par l’alimentation et l’eau potable

Quelle sont conséquences sanitaires de l’exposition à ces composés ?

Elles dépendent de la composition chimique des composés, des paramètres d’exposition (dose, voie d’exposition, durée et fréquence), des caractéristiques des individus et les interactions métaboliques avec d’autres composés (effet cocktails).

Les mécanismes en jeu sont le stress oxydatif, l’inflammation, les interactions avec l’ADN, l’action hormonale, …

Les effets rapportés par la littérature scientifique sont larges et variés. En résumé, on note :

Effets respiratoires : maladies pulmonaires obstructives chroniques, asthme, infections respiratoires récurrentes

Effets cardiovasculaires : Hypertension artérielle, infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux

Effets immunitaires : effets immunosuppresseurs, stimulation des états inflammatoires, réactions d’hypersensibilité

Effets neurotoxiques : par neuroinflammation et altération des neurotransmetteurs, augmentation du risque de maladies neurodégénératives (maladie d’Alzheimer, syndrome parkinsonien), troubles du développement chez l’enfant. Les femmes et les personnes âgées semblent particulièrement vulnérables à cette toxicité neurologique.

Cancers : Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) a classé le benzo[a]pyrène (BaP) comme cancérogène pour l’humain (Groupe 1), et le chrysène (CHR), le benzo[a]anthracène (BaA) et le benzo[b]fluoranthène (BbF) comme possiblement cancérogènes (Groupe 2B) (CIRC, 2010). Une exposition chronique aux HAP est associée à un risque accru de cancers du poumon, de la peau, sein, œsophage, colon, pancréas, vessie. Les enfants sont également sujets à un risque accru de leucémie, de rétinoblastome et de cancers du cerveau.

Perturbations endocriniennes et métaboliques : certains composés organiques volatils agissent comme des perturbateurs endocriniens, interférant en excès ou en défaut avec l’ensemble des fonctions hormonales. Ces actions ne répondent pas à une loi linéaire effet dose et peuvent être plus toxique à basse qu’à haute concentration. Ils augmentent le risque de diabète de type 2, d’obésité, de cancers du système hormonal, de troubles hormonaux.

Troubles de la fertilité, de la grossesse et du développement : notamment par leur effet perturbateur endocrinien. Certains composés altèrent également la fertilité et le déroulement des grossesses.

Altération du microbiote intestinal

Source Association santé environnement France