VICTOIRE
Retour sur un dossier qui illustre le rôle essentiel du contrôle environnemental et de la mobilisation des riverains. Derrière la fermeture d’une centrale d’enrobage, il y a des alertes, des décisions administratives et plusieurs étapes judiciaires.
Janvier 2022 : une autorisation initiale
L’exploitation de la centrale est autorisée dans le cadre de la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE).
Fin 2022 – début 2023 : les premiers manquements relevés
Les services de l’État identifient notamment des questions de conformité des équipements et des nuisances sonores. Certains équipements ne figuraient pas dans le dossier initial.
Juin 2023 : les alertes persistent
Les rapports officiels font état de 14 plaintes de riverains depuis le 1er janvier 2023. Le dossier dépasse alors la simple question du voisinage : il soulève également celle du respect des prescriptions environnementales et de la solidité du dossier administratif.
Mai 2024 : un tournant judiciaire
Le tribunal administratif d’Amiens annule l’autorisation initiale. Au cœur de la décision : les capacités techniques de l’exploitant à prévenir les dangers et les nuisances n’étaient pas suffisamment démontrées.
Juin 2024 : l’arrêt de la production
À la suite de l’arrêté préfectoral de suspension, les services de l’État, accompagnés de la gendarmerie, constatent l’arrêt de la production.
Octobre 2024 : le départ annoncé
La presse annonce le départ de l’entreprise et la suppression de quatre emplois. Mais une distinction essentielle s’impose : l’arrêt de l’exploitation ne signifie pas nécessairement que toutes les installations ont été évacuées ou que le site a été remis en état.
Avril 2026 : une nouvelle étape judiciaire
Le tribunal rejette le recours de la société contre l’arrêté préfectoral de mise en demeure et de suspension. Il relève notamment qu’il n’est pas établi que l’entreprise ait engagé les démarches nécessaires au dépôt d’un nouveau dossier d’enregistrement.
Les analyses ont aussi révélé des dépassements concrets : en avril 2023, les composés organiques volatils (COVNM) atteignaient 213 mg/m³, alors que la limite était fixée à 110 mg/m³, soit presque le double du seuil autorisé. Le méthane a également atteint 854 mg/Nm³ en octobre 2023, une concentration jugée anormalement élevée par l’inspection.
Cette centrale était située à moins de 100 mètre des premières habitations !!! STOP
Guise : LE RECOURS REJETÉ, LA CENTRALE D’ENROBÉS RESTE SUSPENDUE
Article la Thiérache